Priaparti's Blog


Marine Le Pen a appris à lire

Marine Le Pen a révélé que Frédéric Mitterrand, nouveau Ministre de la Culture du gouvernement Sarkozy, s’était laissé tenté par le tourisme sexuel lors d’un voyage en Thaïlande. L’information  figurait dans “La Mauvaise Vie”, roman publié par Mitterrand il y a quelques années. Depuis la polémique fait rage.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est le fait que Marine Le Pen ait tardivement découvert la littérature qui a mis le feu aux poudres. On imagine la scène: Marine, hésitante dans les rayons de la FNAC, se saisit de la “Philosophie Dans Le Boudoir” de Sade, feuillette les pages de ses doigts potelés puis repose l’ouvrage sur le présentoir, pas convaincu qu’on puisse philosopher et encore moins à propos d’un biscuit. Elle fait quelques mètres, attrape “Querelles de Brest” de Genet mais le côté gars dans la Marine, ça la fait flipper et puis les quenelles, c’est pas son truc, même si l’ouvrage est broché. Un responsable de rayon de la FNAC, moqueur, lui demande si elle cherche un ouvrage de la bibliothèque rose. Elle répond poliment  Oui-Oui. Le vendeur, espiègle ou compatissant, entend Ni-Ni et l’envoie finalement au rayon politique, lettre M comme Mitterrand. Erreur fatale de rayonnage ou piège subtil du labyrinthe commercial de la FNAC, elle tombe alors sur “La Mauvaise Vie” qu’elle achète sans hésiter. F. Mitterrand, elle l’aime bien. C’est, selon certains journalistes, lui qui a lancé son papa en politique. Et puis elle est fascinée, troublée que l’on puisse encore écrire des bouquins quand on est mort. 5 ans plus tard, alors qu’elle a presque terminé de lire la première partie, la polémique se déclenche.

Entretemps, Marine a beaucoup progressé. Elle est l’héritière désignée de son cher papa à la tête du FN et elle s’est achetée un dictionnaire. Elle a bien compris que ce Mitterrand n’était pas celui qu’elle croyait, la preuve, il est de droite, comme elle. L’autre aussi était de droite me direz-vous, mais moins quand même, surtout depuis 1943. Et puis, ce Frédéric Mitterrand est devenu Ministre de la Culture après un passage à la Villa Médicis que l’on croyait pourtant promise au biographe télévisé de son oncle, Georges-Marc Benamou. Tout ça n’est pas très clair. C’est même franchement le bordel. On n’y comprend plus rien et Marine non plus. Elle retourne donc à la FNAC, livre sous le bras, Martel en tête comme d’habitude, pour une explication de texte. Le responsable de rayon n’est plus là et on lui explique que c’est à cause du turn-over. Elle comprend, elle le connaît ce Turn Over, c’est le mari de Jane Fonda, celle qui joue dans Barbarella, une poupée blonde qui est morte à côté de Jésus. Le nouveau responsable de rayon est stupéfait mais c’est une bonne pate, un type lambda qui giclera à la fin de son CDD. Il décide donc de remettre à flot notre Marine Nationale.

Oui, “La Mauvaise Vie” a bien été écrit par Frédéric Mitterrand qui est bien le neveu du type qui a lancé son père en politique. Oui, c’est bien un hommede droite et un produit marketing comme elle, “un fils de”, qui n’est en fait que neveu mais qu’on peut aisément utiliser à sa guise pour lancer des messages d’ouverture. C’est pourquoi il est devenu Ministre, d’abord grâce à sa carrière d’animateur télé, cinéaste et écrivain, plutôt pas mal, mais aussi grâce à son nom et parce que Nicolas Sarkozy aime bien prendre les gens pour des cons. C’est une stratégie politique en vogue, pratiquée à gauche comme à droite. A vrai dire, c’est le contraire de la stratégie du FN qui lui, est plutôt spécialisé dans la connerie et qui en a fait son idéologie. Muette comme une carpe devant tant de bon sens populaire, Marine est toute ouie.

Concernant le livre, c’est pas compliqué : Frédo est homo et il a fait un voyage à Patpong. Non, aucun rapport entre Patpong et Héron, Héron petit Patapong, la chanson. Patpong, c’est en Thailande, haut lieu du tourisme sexuel et c’est là que Frédo, décontracté du gland, s’est vidé les bourses en payant un prostitué homme pour un rapport tarifé. Pas gourde, Marine est outrée. A vrai dire, le vendeur aussi. Il a voté Delanoé à Paris et il n’a rien contre les homos mais le fait qu’un gars qui vient de rentrer dans un gouvernement, nommé par un président qui a fait la chasse aux prostitués et à leurs clients , ait pu se vider les couilles dans un pays connu comme étant le salon mondial de la  pédophilie le choque profondément. Il montre les passages du livre à Marine. On y parle de séduction juvéniles, de gosses, de garçons, d’éphèbes. Armé de son dico, Marine se pique au jeu et vérifie : qui dit éphèbe dit garçon qui n’a pas de poils au menton.

En quittant la FNAC, Marine décide donc deux choses : d’abord arrêter la littérature et se remettre au tricot mais avant cela de monter au créneau. C’est papa qui va être content, ça lui fera des chaussettes chaudes pour l’hospice et puis on parlera à nouveau du parti. C’est le moment de prouver ce que tout le monde a toujours dit : le FN ne dit pas que des conneries. La preuve, un deuxième tour aux présidentielles et 5 ans plus tard, Sarko qui récupère les électeurs en recyclant les idées en vogue chez les chemises brunes. Sécurité, insécurité, immigration, problèmes des banlieues etc… Ce coup-ci ; il va être bien emmerdé le nouveau président. Et il n’y aura pas que lui. La gauche aussi. Hamon qui monte au créneau pour s’insurger contre le fait soulevé par Marine qui vient de faire un tababc à la télé va d’ailleurs en prendre pour son grade. Un ministre qui fait du tourisme sexuel, c’est une honte pour la république, non ?

Non, répond Frédo, le principal intéressé lors d’un passage confession intime devant les téléspectateurs du JT de TF1. Bon, okay, il a bien couché avec un bonhomme, rien d’anormal à cela puisqu’il est homosexuel, sauf que c’était à Patpong et moyennant finance. C’était pas très correct politiquement mais enfin quand même, ce n’était pas mal. Que le type en question ait été présenté comme un esclave en compagnie d’autres sous-hommes de son espèce sur la scène d’un dance-club miteux ne fait pas de Mitterrand un criminel. Juste un consommateur, moins lambda que les autres. Et puis, l’éphèbe/gosse n’en était en fait pas un puisqu’il s’agissait plutôt d’un boxeur imberbe d’une bonne quarantaine d’années. C’est presque le même age que Fred qui a eu du bol sur ce coup là parce que d’habitude, un boxeur thailandais prostitués de 40 ans, c’est pas beau à voir :  il peut avoir le sida,  ne plus avoir de dents et parfois être dans une telle mauvaise passe qu’il en est mort. Celui de Frédo était même consentant, ce qui est extrêmement rassurant, c’est que ce n’était donc pas un sac à foutre exploité par des macs qui le menace, lui et sa famille  mais plutôt un spa-ring partner. On a eu chaud mais c’est vrai, on est idiots. C’est bien connu, en Thaïlande, la plupart des prostitués mâles sont des boxeurs quarantenaires en mal d’amour et donc consentants. Aux USA, ce sont des footballeurs américains pas farouches, au Japon des Sumotori retraités, d’où le faible contingent de touristes sexuels dans ces contrées. Selon la police nationale, en France, il s’agirait principalement de footballeurs du PSG, ce qui explique les résultats peu glamour du club ces dernières années et le fait qu’ils soient supportés par le kop Boulogne, des amis de Marine, toujours à l’orée du bois.

A Paris et en France, c’est l’effervescence et le passage de Frédo au JT n’a pas éteint l’incendie. Au parti socialiste toujours aussi soudé, les différentes factions se volent dans le truc en plume. Les quadras s’alignent sur les positions de Benoit Hamon qui en prend quand même pour son grade quand quelques éléphants, qui renaclent au cimetière, montent en première ligne pour défendre le neveu de leur ancien cornac. L’idée dominante, c’est qu’on ne peut suivre une polémique qui a été lancé par le FN. Après pour le reste, la Thaïlande, l’exploitation sexuelle de la misère, les enfants enlevés, drogués puis prostitués, les accords internationaux qui existent pour lutter contre ce fléau, les avis des associations de luttte contre la prostitution infantile ou la réinsertion des boxeurs en fin de parcours : on s’en tamponne.

Libé qui n’a pas paru passionné par l’affaire à la différence de ses lecteurs ouvre d’ailleurs ses colonnes à BHL qui confirme puisque c’est son job : on s’en tamponne. Les autres, ceux qui ne s‘en tamponnent pas,  sont des chiens, bergers allemands sans doute, lâchés au trousse d’un homme égaré.  Pour l’occasion, BHL a encore convoqué quelques fantômes dont Jaurès, Blum, a oublié de mentionner Gilles de Rais et c’est une fois encore Benoît Hamon qui a chargé. Le néo-philosophe mortifère, cinéaste raté, écrivain médiocre se devait de donner son avis sur la question. D’autant plus que son pote Finkielkraut en avait fait de même sur France Inter quelques jours tôt dans une intervention dont il a le secret, à la fois réactionnaire et éclatante de bêtise. BHL s’engageait donc dans la même impasse, spécialité des nouveaux philosophes qui ont fait du marketing politique une discipline majeure. Les détenteurs du savoir, de l’histoire et de la philosophie commerciales ont argumenté sur les nouveaux Pères la pudeur, la bassesse des attaques ou les effets pervers de l’internet et évidement pas sur la nécessité d’une nouvelle morale en politique dans un pays qui ressemble de plus en plus à une république bananière, ni sur l’obligation de clarifier les frontières entre vie privé et vie publique à l’heure ou la communication a pris le pas sur le discours. Quand à leur sentiment sur les nouveaux médias et l’internet, il a atteint dangereusement le degré zéro de la connaissance, le négationnisme de la science et de la démocratie qui ne peut s’expliquer que par un problème persistant avec leur freebox. Leur réaction n‘aura fait qu’aggraver la crise, creusant encore le fossé entre la France d’en bas et celle d’en haut qui se conchient de plus en plus joyeusement ces derniers temps.

De toute façon, le pire avait déjà eu lieu dès samedi, jour où le directeur du Monde, Eric Fottorino, s’est fendu d’un édito proprement hallucinant. Là où le travail d’un journal sérieux aurait été de faire une enquête, Fottorino, livre en quelques lignes grossières une opinion qui n’aura pas fait long feu. Pour lui comme pour les autres grands éditorialistes, Joffrin de Libé ou Brossolette du Point, l’explication de Mitterrand a suffi. Il faut le croire sur parole. Et puis, qui n’a pas péché ? Usant de la métaphore mitterrandienne dans une allusion au discours de Tonton prononcé à la mort de Beregovoy, Eric Fottorino, atteint le degré zéro du journalisme et le summum de la complaisance. Dès le lendemain, l’édito n’était plus consultable sur internet, les réactions des lecteurs avaient sans doute eu raison de sa suffisance éhontée. (Erreur, il est encore disponible)

A droite, évidemment, on est solidaire du Ministre de la majorité mais on est aussi beaucoup plus discret. C’est ce qu’on appelle la majorité silencieuse, très différente de celle des thaïlandais qui la pratiquent parfois en levrette pour des raisons très différentes. Après avoir combattu le PACS, après avoir criminalisé la clientèle des prostitués quand Sarko était à l’Intérieur, se retrouver à défendre un ministre homosexuel qui porte le nom d’un socialiste et fréquente les bars à putes en Thaïlande, ce n’est évidement pas ce qu’il y a de plus facile. Hortefeux a bien pris position pour défendre son collègue, sans faire de blagues, pendant que Xavier Bertrand ironisait sur la cacophonie du PS sur le sujet mais personne ne s’est trop mouillé jusqu’ici. Le risque, en plus des maladies vénériennes et de l’excommunication, c’est que l’électorat classique des chemises bleus, ne soit pas aussi compréhensif que leurs élites. Surtout que les élections ne vont plus trop tarder.

D’un commun accord, il a donc été multilatéralement décidé que l’affaire était plus close qu’une maison. Aubry, Royal et d’autres au PS l’ont souligné, l’UMP a gentiment embrayé et les journalistes d’opinions ont suivi la voix de leur maître. Pourtant sur les sites d’infos de Libé et du Monde, les commentaires sur les articles encore en ligne vont bon train et battent des records.

Pendant ce temps là, Marine Le Pen qui apprend vite a fini de tricoter sa première chaussette. Elle est prête à récupérer le moral des français.



Four de Trance

On s’interroge déjà sur les gagnants du dernier tout de France. Ou devrait-on dire, on s’interroge encore sur les gagnants du Tour. La course est devenu propre, le peloton est beau, les coureurs sont purs si l’on en croit les commentaires de France Télévision. Et pourtant, si l’on excepte l’apparition jumelée des frères Schleck, rien de nouveau sur ce tour. Contador gagne pour la deuxième fois, Armstrong finit troisième sans avoir jamais attaqué, jouant le rôle du parfait coéquipier et trustant une énième place sur le podium et derrière, les Hincapie, Kloden et autres répondent toujours à l’appel. Évidement, si tous les cyclistes se dopaient sur les éditions précédentes, la désintoxication du peloton pourrait ne pas avoir entraîné de changement majeur dans la hiérarchie. Évidement aussi, si les principaux animateurs des dernières éditions sont toujours dopés, il n’y a pas non plus de raisons majeures que ladite hiérarchie soit bouleversée.

C’est la deuxième hypothèse qui semble la plus probable. Greg Lemond dans un article paru dans le Monde et un médecin dont le texte a été publié par Libé ont fait par de leurs doutes sur la probité de d’Alberto Contador, vainqueur en 2009. Le doute est avant tout mathématique et résulte d’un calcul qui tend à prouver que l’on ne peut grimper le col des Alpes à l’allure de Contador si l’on est raisonnablement humain. Armstrong qui a suivi ça tranquillement depuis l’arrière n’est pas pour autant hors de cause. Reste à espérer que les Frères Schleck sont bien l’avenir du cyclisme.



La Corse

C’est le feu en Corse. Comme chaque été, les incendies ravagent l’île de Beauté et comme chaque année, des questions se posent :  le Mistral est il coupable? Y’a t’il des pompiers pyromanes? Si on souffle fort tous ensemble, est ce que les brasiers vont s’éteindre?  Autant de feux de paille qui suscistent une question brûlante pour l’instant peu posée  : y’a t’il un lien entre les zones atteintes et les projets immobiliers en cours?

Ce n’est pas  souffler sur la braise de dire que  la Corse a connu une année difficile. Pas loin d’une quinzaine de morts lors d’une guerre des gangs qui n’en finit plus, des affaires politico immobilières qui sentent le souffre, des parrains qui se tuent en voiture ou en maniant des explosifs généralement utilisés par les nationalistes, la villa d’un acteur ami du président français envahi par les indépendantistes,  un ex-natio reconverti dans le football et les machines à sous qui part en zonzon pour une tentative d’assassinat etc… En bref un sacré merdier dans lequel il est très difficile d’y voir clair. Cela dit, comme dans tout les merdiers : ça pue.

Pour tenter d’y voir plus clair, PRIAPARTI vous propose un résumé des épisodes précédents.

Le théâtre des évènements
Le théâtre des opérations


Y’a quelqu’un?
27/07/2009, 13:18
Classé dans : Généralement

Pour ne pas  décevoir ses potentiels lecteurs et afin de ne pas se couper des inépuisables potentialités économiques liées à la naissance de ce bloug , Priaparti a solennellement décidé de ne parler spécifiquement de rien. En gros, ça revient à parler d’à peu près n’importe quoi pourvu que ça fasse vendre. Le modèle choisi est donc celui de la presse et des médias, seul capable avec les VRP et les politiques, de vous faire croire et acheter n’importe quoi. Donc, voila, ça y est, c’est parti, on y va, vamonos, let’s go, inch’allah, alea jacta est, PRIAPARTI ouvre ses portes aujourd’hui.